De plus en plus de collectivités misent sur OSM

Paru initialement sur https://labo.societenumerique.gouv.fr/2018/10/17/collectivites-misent-openstreetmap-cartographie-participative/

carto-partie
des citoyens, cartographiant ensemble leur quartier

Un certain nombre de collectivités proposent aux citoyens de contribuer à la connaissance de leur territoire : une manière de co-construire le territoire avec les habitants et parfois aussi de compenser l’érosion des ressources budgétaires. Elles s’appuient, notamment, sur OpenStreetMap. Outre les informations classiques  comme les voies de circulation, le bâti ou les surfaces aquatiques, les utilisateurs peuvent incorporer dans cette carte collaborative des données comme les pistes cyclables, les bennes à verre, les toilettes publiques ou les points d’eau potable. Certaines collectivités (comme la communauté de communes Caux Vallée de Seine ou le département de l’Allier) organisent même des ateliers, sur le modèle des carto-parties organisées des communautés OpenstreetMap, pour rassembler sur une période de temps réduite un maximum d’informations sur un territoire donné.

Cartographie collaborative des aménagements cyclables en Île-de-France

Île-de-France Mobilités (ex-STIF, Syndicat des transports d’Île-de-France) a entrepris en 2017 d’associer les Franciliens au recensement des aménagements cyclables sur l’ensemble de la région. La connaissance la plus exhaustive possible (et de bonne qualité) de ces aménagements et leur actualisation visent la mise au point d’outils de calculs d’itinéraires tout en contribuant aux politiques locales en faveur du vélo. Outre les collectivités, les agences d’aménagement et d’urbanisme et les acteurs franciliens du vélo (comme l’association Mieux se Déplacer à Bicyclette), ce projet s’appuie sur la communauté OpenstreetMap. Il repose aussi sur la contribution des personnes qui peuvent signaler directement dans OpenstreetMap ou via un portail dédié, les divers aménagements cyclables existants : piste cyclable, bande cyclable, double-sens cyclable, voie de bus ouverte aux vélos, stationnements. La Compagnie des Mobilités, accompagnée de Carto’Cité et de l’association Mieux se Déplacer à Bicyclette, assure l’animation de cette campagne. (Une démarche de même nature avait été conduite à Lyon, La Ville à Vélo, mais a l’initiative, cette fois, d’une association).

Ville de Lannion : des concours pour documenter le territoire

Apres avoir utilisé une application payante pour établir le plan de la ville, Lannion a décidé en 2016 de passer sous OpenStreetMap.  Pour impliquer les citoyens, elle organise depuis des concours. En 2016, elle avait invité les citoyens a documenter la carte sur le thème de l’accessibilité: près de 1500 contributions avaient  été enregistrées : cheminements, mobilier urbain, commerces.  La seconde édition, en 2017,  portait sur les commerces.  La troisième édition en 2018 portait sur le thème des randonnées et déplacements doux. Les contributeurs étaient appelés à compléter les données dans de nombreux domaines : pistes cyclables, chemins, voies navigables, itinéraires équestres,  points d’intérêts sur les sentiers (bancs, signalétiques, parkings…).

Allier : collecte participative des données géographiques à l‘échelle d’un département

Le département de l’Allier a décidé de faire appel à ses habitants pour se constituer une base de données géographiques, plutôt que de recourir à un prestataire. Il organise, à cette fin, des carto-parties. En mars dernier, les habitants étaient invités à signaler sur la carte collaborative du département la présence des stations-service disponibles sur leur territoire, ainsi que la présence des distributeurs automatiques de billets (DAB). 597 points ont ainsi été recensés.

Montpellier : les services de la métropole collaborent avec la communauté OpenStreetMap

Dans le cadre de sa démarche OpenData, Montpellier Méditerranée Métropole a noué une coopération avec la communauté locale OpenStreetMap pour mettre à jour les données relatives aux 31 communes de la métropole. Montpellier Méditerranée Métropole partage les bonnes pratiques sur la page Montpellier du wiki OpenStreetMap

Lorient Agglomération : un recensement collaboratif des itinéraires accessibles aux personnes à mobilité réduite

Lorient Agglomération souhaitait disposer d’un outil pour suivre l’évolution des différents travaux de mise en conformité, tenir à jour la liste des établissements recevant du public situés sur le territoire et d’informer le mieux possible les personnes en situation de handicap du degré d’autonomie de leurs déplacements. La carte interactive mise en place intègre toutes les données d’accessibilité (tronçons de voirie accessibles aux personnes en fauteuil roulant, intersections avec indicateurs sonores pour les mal voyants, points d’intérêt, établissements recevant du public, parcs, stations et lignes de transports, places de stationnement, événements, équipements touristiques…). 25 référents (un par commune membre de Lorient Agglomération) contribuent à l’enrichissement et à l’actualisation des aménagements réalisés. Parallèlement à cette application de géolocalisation, Lorient Agglomération a réalisé avec la société Handimap, un calculateur d’itinéraire, permettant de cartographier l’accessibilité en fonction du niveau de difficulté ou du type de handicap.

Cartographie collaborative au Seignanx pour la promotion touristique du territoire

L’Office du tourisme du Seignanx (Landes) a entrepris de faire appel aux acteurs locaux (communes, services délégués, opérateurs touristiques) et aux habitants pour documenter la cartographie du territoire. Le projet s’appuie sur OpenstreetMap et réutilise des données existantes, comme les données touristiques, issues de la base de données ouverte Sirtaqui. Le projet est financé par la région Nouvelle Aquitaine et le département des Landes, dans le cadre d’un soutien aux projets « Tourisme Innovant ».

Géolocalisation des travaux  en cours à Villenave d’Ornon

La mairie de Villenave d’Ornon s’appuie, elle aussi, sur l’utilisation d’OpenStreetMap pour améliorer l’information des habitants. Dans une première phase, le projet vise l’information sur les travaux en cours. Cette démarche s’étendra, dans un second temps, aux services ( santé, social) et aux équipements culturels et sportifs.

Le Maine-et-Loire se tourne vers Openstreetmap comme alternative à Google Maps

Les nouveaux tarifs professionnels pour les services de Google Maps sont entrés en vigueur en juillet dernier. Si les particuliers peuvent continuer à se géolocaliser gratuitement aux services de la firme américaine, les entreprises et collectivités qui intègrent les services Google Maps pour étoffer leur site Web ou leur application sont soumis à de nouveaux tarifs. Le plafond de 25 000 cartes par jour est ainsi passé à 28 000 par mois soit un peu moins de 1 000 affichages par jour. Parallèlement, le tarif de 0,5 dollar pour 1 000 cartes affichées passait à 7 dollars. Un site qui affiche 10 000 cartes par jour passe donc de 0 000 à 1 764 dollars par mois et un site avec 100 000 cartes affichées par jour voit son coût multiplié par plus de 500. Autant de coûts supplémentaires difficiles à absorber pour les collectivités territoriales. Parmi les alternatives figurent l’utilisation des API du Geoportail de l’IGN ou encore les extensions proposées par les éditeurs de systèmes d’information géographique (SIG).

Le département du Maine-et-Loire (dont le site web compte 200 000 visiteurs chaque mois et qui intègre des services de cartographie : trafic routier, carte des sentiers nature, annuaire des établissements d’accueil des personnes handicapées, carte pour connaître son collège de rattachement ou pour trouver des assistantes maternelles) a entrepris, pour son site web, d’appuyer l’ensemble de ses cartes sur OpenStreetMap, « afin de continuer d’offrir un service de qualité au meilleur coût ».

 

NB : Cet article de blog est adapté librement de l’article de Mission Société Numérique, publié le 17 octobre 2018 et mis à disposition sous Licence Ouverte.

N’hésitez pas à consulter l’article d’origine ainsi que ses différentes sources pour plus d’informations.

Alternatives à Google Maps

Alternatives à Google Maps

Si vous êtes à la recherche d’une solution pour vous passer des services cartographiques de Google suite à l’augmentation des tarifs, nous avons quelques pistes pour vous !

L’écosystème OpenStreetMap regorge d’outils libres et d’acteurs compétents pour vous permettre de retrouver votre indépendance.
En fonction de votre usage et de votre niveau de connaissances, vous aurez le choix entre plusieurs options

– utiliser les offres de services mises en place par des prestataires spécialistes d’OpenStreetMap.

– utiliser les données libres du projet OpenStreetMap ainsi que les nombreux outils opensource existants pour prendre votre indépendance et créer vos propres services cartographiques.
Consultez notre page dédiée à l’utilisation des données OpenStreetMap pour commencer.
De nombreux prestataires fournissent des formations sur OpenStreetMap qui vous permettront de gagner un temps précieux.

– utiliser les services gratuits mis en place par OpenStreetMap France ou d’autres acteurs bénévoles de la communauté.
Cela ne s’applique que si vous comptez en faire un usage modéré.

Dans tous les cas, pensez à soutenir le projet et sa communauté en faisant un don ou en adhérant à l’association OpenStreetMap France 😉

Pour aller plus loin :

À Rennes, le musée se cartographie de l’intérieur

Pour les journées européennes du patrimoine 2017, les contributeurs OpenStreetMap d’Ille-et-Vilaine ont réalisé une cartographie du Musée de Bretagne (Rennes) et de ses oeuvres majeures. Une contribution innovante puisque peu de musées sont encore cartographiés précisément en intérieur dans OSM.

Le Musée de Bretagne est un musée de société et d’histoire, situé au centre de Rennes, qui retrace l’histoire des populations de Bretagne, de la préhistoire à nos jours. À l’occasion des journées européennes du patrimoine, la communauté OpenStreetMap d’Ille-et-Vilaine s’est mobilisée, le temps d’un week-end, pour cartographier le parcours permanent du musée et ses oeuvres majeures. Comme OpenStreetMap est au départ une base de données géographique pour les données extérieures, il a fallu faire preuve d’inventivité pour parvenir à recenser les espaces intérieurs du musée. Afin de favoriser la reproductibilité de la démarche, cet article retrace la manière dont s’est déroulé ce projet audacieux.

OSM et la cartographie d’intérieur

Lancé en 2004, OpenStreetMap avait pour vocation initiale de recenser de l’information géographique visible depuis l’extérieur : routes, bâtiments, occupations du sol… Mais depuis 2011, la question se pose de comment représenter les espaces intérieurs accueillant du public : gares, aéroports, centres commerciaux, établissements culturels. Depuis 2014, la communauté OSM dispose d’un ensemble de tags satisfaisants pour décrire les structures intérieures : salles, couloirs, escaliers.

Avoir des données c’est bien, mais pouvoir les visualiser, c’est mieux. Comme la cartographie d’intérieur doit pouvoir gérer des bâtiments à plusieurs étages, le rendu à plat de la carte principale n’est pas suffisant pour comprendre un espace intérieur. On ne peut pas pour l’instant choisir un étage et en voir la structure, tous les niveaux sont confondus, ce qui laisse place à une certaine confusion. La carte interactive OpenLevelUp a été créée par Adrien Pavie en 2015 pour permettre la bonne visualisation de ces nouvelles données.

En parallèle, de nombreuses initiatives de collecte de données ont été lancées, la plus majeure en France concernant les gares SNCF Transilien en Île-de-France. Et pour en revenir aux musées, le Louvre a été partiellement complété. Qu’en est-il des autres musées français ?

En mai 2017, des premiers échanges ont eu lieu entre la communauté rennaise OpenStreetMap et le Musée de Bretagne, afin de discuter des possibles. Rapidement l’idée de cartographier l’intérieur du musée est évoquée, d’autant qu’elle fait sens dans la démarche de transition numérique du musée. L’institution réalise actuellement la numérisation de son inventaire, et a ouvert un site internet au public pour présenter ses objets et oeuvres. La création de liens entre la base OSM et le site du musée offrirait une expérience utilisateur intéressante aux visiteurs.

Cartographier les « murs » du musée

La première étape a consisté en la saisie de la structure du musée. Le Musée de Bretagne est localisé au premier étage des Champs Libres, le centre culturel de la métropole rennaise. Nous avons eu l’autorisation de la part du musée d’utiliser les plans de masse de celui-ci, ce qui facilite largement la tâche. Cette tâche est encore fastidieuse, à faire réaliser de préférence par des contributeurs aguéris. Le procédé est le suivant :

Mettre les plans au format image : les plans communiqués étant en PDF, il est nécessaire dans un premier temps de les basculer dans un format image, comme par exemple du PNG. Cela peut être réalisé avec un éditeur d’images comme Gimp.
Charger le plan dans JOSM : à l’aide du plugin PicLayer, vous pouvez charger en fond le plan de masse. Il est également nécessaire de le géo-référencer, c’est à dire localiser le plan dans l’espace. Cela peut être fait en s’aidant de données telles que le Cadastre ou l’imagerie aérienne.
Tracer les contours des espaces : en s’aidant du plan, retracer les contours des salles, murs, couloirs, portes… du bâtiment. Il faut indiquer sur chaque objets les tags adaptés, et ne pas oublier d’indiquer l’étage auquel ils se trouvent avec la clé level=*.
Envoyer sur OSM et vérifier : envoyez vos modifications, et vérifiez avec OpenLevelUp si la structure correspond au plan. Il faut attendre quelques minutes pour que les données soient visibles.

Maintenant que nous avons les murs intérieurs, il est possible de localiser précisément les objets qui se trouvent au sein du musée.

Typologie et recensement des oeuvres

Le Musée de Bretagne est un musée de Société et d’Histoire, dont la vocation est de raconter l’histoire de la population sur le territoire couvert. Ce type de musée peut contenir des oeuvres d’arts, telles que des peintures ou sculptures. Mais ils présentent largement les objets du quotidien utilisés à travers différentes époques, tels que des habits, pièces de monnaies, flèches, pierres gravées… Le wiki d’OpenStreetMap propose une description plutôt exhaustive des objets artistiques, mais pas de ces objets du quotidien qui ont désormais une valeur artistique. Après des discussions riches entre la communauté locale et l’équipe du musée, il est ressorti que le terme « artéfact » (artifact en anglais) se prêterait le mieux pour décrire ces objets. Il est utilisé entre autres par les musées canadiens. Nous avons donc écrit une proposition de tag historic=artifact pour couvrir ces objets.

Comme la cartographie intérieure des musées n’est pas encore largement répandue, nous avons consacré une partie du temps de l’atelier à rechercher, documenter et présenter les tags qui peuvent être utiles dans cette démarche. L’idée étant de faciliter la tâche lors de prochains ateliers du même type. D’ailleurs, ces propositions étant nouvelles, vous pouvez venir en discuter sur les pages du wiki pour les améliorer.

Nous avons ensuite collecté des données sur la localisation des oeuvres principales du musée. Ce recensement s’est fait en collaboration avec les contributeurs Wikimédia, également présents lors de ces journées du patrimoine. Une partie des éléments a été saisie suite à ce recensement, mais la tâche étant vaste, il reste encore beaucoup à faire !

Résultats

Après ces deux après-midi d’ateliers, et la dizaine d’heure préparatoire aux ateliers, la communauté a concrètement réalisé :

La carte de la structure du musée, et saisie une partie des oeuvres majeures
La collecte papier d’une autre partie d’oeuvres majeures
La création du tag historic=artifact
La documentation de la méthode pour taguer les objets principaux dans un musée
L’initiation d’une dizaine de curieux à OpenStreetMap et la cartographie d’intérieur
Et la démonstration qu’OpenStreetMap a du sens pour la valorisation du patrimoine des musées !

Pour la suite, nous allons continuer notre collaboration avec le Musée de Bretagne, et nous souhaitons également créer du lien entre le catalogue en ligne du musée, la description des objets côté Wikidata (base de connaissances libre) et OpenStreetMap.

En conclusion

Les journées européennes du patrimoine ont été l’occasion pour la communauté rennaise de montrer son savoir-faire en cartographie d’intérieur, en proposant le recensement des oeuvres du Musée de Bretagne. Notre démarche a été documentée pour inciter d’autres communautés à s’emparer du sujet et également se lancer dans ce type de projets. Nous avons pu également promouvoir le projet OpenStreetMap de manière plus large à un public de curieux.